Les résultats définitifs de l’élection présidentielle ne sont pas encore officialisés mais il est clair que le général Roumen Radev, soutenu par le PS l'emporte avec une grande avance sur la candidate de GERB Tsetska Tsachéva. Il faut dire que l’élection du 5e chef d’Etat bulgare suscite des réactions qui créent une situation politique intérieure sans précédent.
Le Premier ministre Boyko Borissov a donné sa démission et refuse de former un nouveau gouvernement dans l’état actuel des forces politiques représentées au Parlement. Cette démarche peut sembler capricieuse, mais elle est logique, étant donné que pour le « général rouge » a voté une partie de son propre électorat GERB et celui de ses partenaires dans la coalition - le Bloc réformateur et le Front patriotique. Durant dix années consécutives, GERB remportait toutes les victoires et cette première défaite est un véritable camouflet.
Un candidat du PS gagne des élections pour la première fois depuis de nombreuses années, mais le soutien large qu’il obtient de l’ensemble des électeurs ne fait pas du Parti socialiste le grand gagnant. Le PS est loin d’être certain d’obtenir le même résultat aux législatives. Selon certains observateurs GERB continue d’être la première force politique et dans un contexte de scrutin proportionnel, le parti de Borissov est avantagé. En tant que 3e force politique, le MDL peut aussi constituer un gouvernement, mais c’est impossible en pratique, car GERB et le PS ont juré ne jamais entrer en coalition avec.
Dans ce contexte, les législatives anticipées semblent inévitables et le président Plevnéliev a lancé déjà les consultations politiques. La situation est cependant particulière, car le Président ne peut dissoudre l’Assemblée nationale les 3 derniers mois de son mandat. Il lui faudra consulter le Conseil constitutionnel pour trouver une solution.
Certains politologues voient la possibilité de la constitution d’un gouvernement intérimaire, sans dissoudre l’Assemblée ce qui permettra de continuer les affaires du pays en attendant les élections anticipées au printemps. Et là, ce sera intéressant, car très probablement, avant de quitter le Parlement, les députés vont légiférer pour introduite le scrutin majoritaire, le vote obligatoire et la diminution des subventions des partis – des mesures plébiscitées lors du référendum. Le scrutin majoritaire va profondément transformer le paysage politique et amener à une reconfiguration des forces. Pour beaucoup d’analystes, la Bulgarie entre dans une crise politique, pour d’autres ce n’est pas aussi grave. En tous cas, presque 30 ans après l’avènement de la démocratie on a encore beaucoup de choses à apprendre.
Version française : Miladina Monova
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