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Les candidats à gouverner la Bulgarie ne se bousculent pas au portillon

Photo: BGNES-archives

Les élections ont pris fin et leurs résultats sont connus, mais l’avenir politique de la Bulgarie, lui, demeure incertain. La grande question est à présent de savoir s’il sera possible de former un gouvernement stable qui puisse mener le pays à travers un hiver qui s’annonce éprouvant.

"Nous sommes dans une situation où les gagnants sont en fait des perdants : l’hiver qui arrive avec toutes les crises existantes et potentielles va oblitérer leurs gains électoraux et aux prochaines élections ils essuieront des pertes importantes", écrit dans le journal "Dnevnik" le poète et analyste Edvin Sougarev. "Aujourd’hui c’est être dans l’opposition qui est politiquement profitable, parce que le poids de la gouvernance que subira le prochain cabinet rend possible une vaste gamme d’attaques contre les dirigeants et leur horizon est plutôt restreint : personne ne pense que le prochain gouvernement va durer plus de quelques mois, à la rigueur jusqu’aux élections municipales de 2023."

Y aura-t-il quelqu’un pour assumer la responsabilité de gouverner la Bulgarie dans une telle conjoncture ?

"A mon avis il n’y pas moyen de former un gouvernement stable pendant le mandat de ce parlement", estime l’ancien ministre de l’Éducation et professeur de droit  Daniel Valtchev. "Mais en fin de compte tout dépend de ce que les élites politiques trouvent le plus important. Si le pays doit remplir des tâches urgentes, cela serait une bonne chose d’enterrer la hache de guerre et unir nos efforts."


Les lignes rouges de certains partis comme "Poursuivons le changement" et "Bulgarie démocratique" qui ont déclaré leur refus de se coaliser avec GERB et le MDL complique l’arithmétique parlementaire pour parvenir à une majorité.

"La grande question sera comment certains partis pourraient entrer dans un gouvernement soutenu par GERB et probablement le MDL sans changer leurs positions politiques. S’ils refusent de le faire, il y aura de nouvelles élections anticipées auxquelles ils seront sanctionnés comme l’a été le parti "Il y a un tel peuple" de Slavy Trifonov" (qui n’a pas réussi à franchir la barre des 4% requis pour une entrée au parlement aux législatives du 2 octobre).

Étant donné la situation géopolitique actuelle, il faut absolument former un gouvernement d’orientation euro-atlantique, pense le politologue Stanislav Batchev. Le taux d’abstention record pose cependant problème.

"Les gens voient bien que cette classe politique n’a pas leurs intérêts à cœur et si cet hiver s’annonce rude, personne ne répond à la question à quoi ressemblera le suivant."


Les tentatives du vainqueur électoral GERB de se réconcilier avec les autres partis par le biais d’un groupe de contact conduit par l’ancien président Rossen Plevnéliev et comprenant aussi l’ex-ministre des Affaires étrangères Solomon Passi sont pour l’instant vues d’un mauvais œil par leurs leaders et aussi par certains analystes.

"Rappelons que "Poursuivons le changement" ont été très clairs sur ce qu’ils entendaient par "le retrait de Borissov" : qu’il soit jeté en prison ou qu’au moins il prenne sa retraite. Aucune de ces deux options ne s’est réalisée. Beaucoup de gens chez PlC et BD posent comme condition pour des négociations avec GERB que ce parti se défasse de ses dirigeants liés à Borissov", dit l’analyste politique Ivo Indjov. Selon lui "il est possible de former un gouvernement avec le troisième mandat, mais sa durée de vie sera brève et il dépendra de majorités fluctuantes au parlement. Dans un tel cas il vaudrait mieux organiser de nouvelles élections."

Edition : Yoan Kolev

Version française : Christo Popov

Photos : BGNES-archives


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